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Duo sur canapé

Californiens vivant habituellement en Californie, plus exactement à Los Angeles, c'est paradoxalement de ce côté-ci de l'Atlantique que Cock Robin a explosé. Ascension fulgurante, révélation de l'année 86, "When your Heart Is Weak", "The Promise You Made", "Though You Were On My Side"... de magnifiques ballades, puissantes et mélodiques, pétillantes comme des bulles de champagne. Toujours au fond du coeur.

A l'origine de Cock Robin, Peter Kingsbery et Anna La Cazio, chaude rencontre d'une nuit d'été... naissance d'un premier album "When Your Heart Is Weak", en compagnie de Lou Molino (batterie) et de Clive Wright (guitare). "Tous deux perdus en cours de route !" confie Anna. "Aujourd'hui, Cock Robin, c'est Peter et moi". 

Retour en force cet été avec "After Here Through Midland". Un album "plus personnel, plus abouti, un son plus rock et plus européen", selon Peter. 

C'est à l'hôtel Intercontinental que GRAFFITI les a surpris, pour toi. Mais chut !... entre plutôt sur la pointe des pieds et écoutes-les ... 

ANNA : Tu te souviens Peter... 

PETER : C'était dans ce petit restaurant grec ; musique de Bowie -Ziggy Stardust- et ton copain à la guitare... Je me suis dit que tu étais jeune, mais que tu irais loin... Regarde aujourd'hui ! Une nouvelle robe, de belles chaussures... tu es très élégante, tu m'avais téléphoné... 

ANNA : Oui, j'avais des vues... (rires) 

PETER : Merveilleuse surprise... Heureuse rencontre, tu es arrivée à une période de ma vie où je n'avais plus d'espoir (professionnellement j'entends) et où je me posais la question, à savoir : "Fallait-il continuer ?". Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi... 

ANNA : Oh, certainement beaucoup de choses, il y a cette passion en toi... 

PETER : Peut-être. C'est difficile d'être passionné à 100 % tout le temps, 24 H sur 24. Dans un car, une chambre d'hôtel ou devant un verre... La passion elle se vit sur scène... véritable histoire d'amour entre nous et le public.

ANNA : J'étais un peu intimidée au début. Ta vision de la musique en particulier... Je n'avais encore rencontré personne... sauf peut-être... Tu m'as beaucoup marqué. 

PETER : Merci ! (sourire)... C'était à Los Angeles, une de nos premières scènes... en tant que groupe... Il m'a semblé te rencontrer pour la première fois, impression de te découvrir... Je me souviens des cris du public... Tu étais animée d'une telle passion... tu étais resplendissante... La chanson s'appelait "Confetty", elle cloturait le concert et tout le monde chantait. Voir quelqu'un à côté de moi, s'imprégnant totalement, s'impliquant complètement, à la folie... voir le public exalté... Cela m'a vraiment bouleversé...

ANNA : Personnellement, la tournée européenne de 86 m'a beaucoup touchée... Et puis, cela nous a permis de faire le point sur ce que nous désirions le plus, sur notre musique et sur nous-même, tu ne crois pas ? 

PETER : C'est exact, mais je crois que cela était nécessaire, l'album est d'ailleurs un bon exemple de cette période, transition naturelle, évolution logique... Nous voulons réellement "capturer" notre son. Ce qui était important, c'était de ne pas se répéter et surtout d'être nous-mêmes. Non ? 

ANNA : C'est vrai, l'année dernière nous avons eu quelques moments difficiles où nous étions très tendus. Toute cette pression extérieure... C'est quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas du tout.

PETER : La rançon du succès !

ANNA : Cela nous a permis de visiter Paris !

PETER : La tour Eiffel et le Louvre (sourire).

ANNA : Et des artistes français comme Serge Gainsbourg ou Daniel Balavoine...

PETER : Et cette année, Etienne Daho... En tout cas, cela me permet de comprendre notre succès et pourquoi les français apprécient notre musique.

ANNA : Je crois qu'il y a une certaine similitude entre Cock Robin et la musique française, un son plus européen qu'américain...

PETER : Je crois que les Français aiment tout ce qui est mystérieux, dramatique...

ANNA : Peut-être oui... En tout cas j'aime leur cuisine et leurs vins. 

PETER : Tu as faim ?

ANNA : Toujours...

PETER : Alors viens, je t'invite...