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Cock Robin se racontent

C'était en 1985, Cock Robin débarquait à Paris. Dans leur bagage, un album étonnant dont deux extraits "When your heart is weak" et "The promise you made" allaient devenir des tubes. Aujourd'hui, Cock Robin est encore là avec un autre album tout aussi talentueux. "After here through Midland". A l'intérieur, des images, des mélodies, des mots... et tellement de tendresse. Séquence nostalgie, nous avons surpris une conversation entre Peter et Anna. En direct dans Cool, chut ! Ils se racontent !

PETER : Je me souviens de mon arrivée à Paris, c'était au printemps. Il faisait beau ce jour-là, le ciel bleu, la ville superbe... Finalement, j'y suis resté trois semaines. Je ne pouvais plus partir. Je me suis promené, j'ai pris le métro, j'ai discuté avec les gens, j'ai écouté la radio... C'est là que j'ai découvert un artiste, Daniel Balavoine qui venait de disparaître tragiquement. Je le regrette beaucoup. Il avait tellement de talent !

ANNA : Pour moi, Paris, c'est surtout cette immense surprise, l'Olympia en plein délire. Je m'en souviens, c'était un lundi, le 2 juin exactement. C'était une nouvelle rencontre, un nouveau contact. Paris nous souhaitait la bienvenue.

PETER : Oui, c'était en quelque sorte une seconde naissance. Et puis on en a profité pour visiter la Tour Eiffel, le Louvre. On a découvert de nouveaux artistes : Serge Gainsbourg, Jean-Jacques Goldman, Etienne Daho.

ANNA : Cette période a été une récompense magnifique. C'était très excitant. Ensuite, on a passé beaucoup de temps à préparer la tournée. A l'époque, Lou (le batteur) travaillait encore avec nous. Nous ne nous quittions pratiquement plus tous les trois...

PETER : Mais il a eu peur du terrorisme en Europe. Personnellement, je n'ai pas rencontré ici de formes d'agressions. Je me souviens même du moment très émouvant, où avant un concert à Madrid, une famille espagnole nous a reconnus et nous a invités à déjeuner.

ANNA : Quand j'y pense, je suis heureuse de t'avoir rencontré, un certain soir. Il y a combien de temps ?... Dix ans déjà. Je ressentais beaucoup de respect pour toi. J'étais très jeune et tu m'impressionnais toi et ta musique. Finalement, tu n'as pas tellement changé. Toujours le même... A une seule chose près, tu ne portes plus cet éternel pantalon.. (rires).

PETER : Toi tu es toujours aussi élégante. De nouvelles robes, de belles chaussures, quelques bijoux. Je suis gâté !

ANNA : Et mon bracelet ? Tu l'aimes ? Il est beau non ? C'est Marc qui me l'a donné.

PETER : Une belle histoire d'amour...

ANNA : Oui, mais c'est bizarre. Marc est plus jeune que moi de trois ans. Avant, c'était l'inverse... Pourtant, je suis bien avec lui. Cela fait six mois maintenant, tu te rends compte ? Je vis un véritable conte de fées !

PETER : C'est ce que l'on dit...

ANNA : Ah bon ? (sourire). C'est vrai pourtant, je te le jure ! Si j'en parle, c'est parce que l'on est heureux, on a envie que tout le monde le sache. Pourquoi cacher quelque chose de merveilleux d'ailleurs ?

PETER : Ce qui est dommage dans ce métier, c'est que tu ne peux rien cacher. Les gens sont avides d'histoires. Ils veulent tout savoir, tout juger. Après, souvent, tout est déformé. Les petits détails prennent parfois des proportions extravagantes et abiment les vraies valeurs...

ANNA : Peu importe.

PETER : C'est vite dit ! Tu t'en fiches un peu parce que tu es forte... Mais il est difficile de rester soi-même dans ce métier, de ne pas s'oublier, de ne pas se prendre au jeu. La tension, les pressions pèsent tellement !

ANNA : Ca a surtout été dur l'année dernière, mais ça nous a permis de faire vraiment ce qu'on avait envie de faire. Maintenant, le résultat est là. Je ne regrette pas.

PETER : Je crois que ce sera comme ça pour chaque nouvel album. Ce sera un peu comme un jeu dont les règles ne sont pas écrites.

ANNA : Tu as raison. Les choses sont rarement définies à l'avance avec nous. D'ailleurs, une fois de plus, on a changé de musiciens. Heureusement que pour les trouver, le bouche à oreille fonctionne.

PETER : Ils avaient d'autres projets alors que pouvions-nous faire ? Annuler la tournée ? C'était impossible. Jouer c'est primordial, c'est la rencontre avec le public. C'est vraiment ce qui t'encourage à continuer. Après la tournée, j'avais tout de suite envie de recommencer à jouer sur scène.

ANNA : Moi aussi, mais là, le Zénith, ça m'impressionne !

PETER : Pourquoi ? Bien sûr, j'aurais préféré moi aussi une autre salle plus petite, plus intime, mais de toute façon, qu'on chante devant 10 ou 2 000 personnes, on est toujours hyper tendus avant de monter sur scène.

ANNA : Je sais, c'est ce que je me répète tout le temps. Je vais essayer de ne pas trop y penser.

PETER : Et puis les gens nous connaissent maintenant. Moi, je suis plus confiant, ce sont des amis. Nous avons les mêmes feelings.

ANNA : Je me rappelle de la tournée avec Goldman. Au début ce n'était pas évident de gagner le public...

PETER : Heureusement que Jean-Jacques nous a mis à l'aise et nous a facilité les choses...

ANNA : Bientôt, c'est nous qui seront en vedette. Je crois que lui aussi a joué au Zénith.

PETER : Bof, tu sais, le succès, ce n'est pas l'essentiel. Il nous faut surtout de la discipline et de la rigueur. Etre un personnage public, c'est aussi renoncer à quelques joies.