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Cock Robin : mention très bien !

Un musicien accompli, à la voix d'or, une chanteuse au charme irrésistible, Peter et Anna ont combiné à merveille leurs identités pour former un groupe au nom bizarre, Cock Robin. Leur nouveau single "Just around the corner" révèle le son, l'univers Cock Robin qui se dévoile avec talent sur leur deuxième album "After here through Midland". A Paris le temps de quelques télés, Peter et Anna ont pris le micro !

- Sortir un deuxième album "After here through Midland" représente toujours une certaine angoisse quand le premier a eu beaucoup de succès ?

PETER : Oui et non dans le sens où les gens qui nous entourent nous ont vraiment encouragés et totalement fait confiance. Bien sûr, en ce qui concerne la musique et les paroles, il y a toujours une certaine angoisse. Le plus dur a été le moment de l'enregistrement parce que la maison de disques ne savait pas très bien ce qu'elle voulait. Les visions étaient floues et nous de notre côté, nous avions envie de changer un peu.

- Je crois que vous avez écrit cet album sur les routes ?

PETER : Oui, durant la tournée. Comme c'est un album conceptuel, ce fut plus simple de le travailler de cette façon-là au niveau des textes : par contre, pour les musiques, je ne disposais que d'un synthé, donc il me fallait tout imaginer.

- Quelle est la grande différence qui reste entre ces deux albums ?

ANNA : Sur le premier il y avait une influence country music, du fait du passé de Peter qui a vécu à Nashville deux ans et demi et au Texas aussi. Pour cet album, nous avons voulu être nous-mêmes, plus cool, plus relax. Et puis chaque chanson a une histoire, une importance particulière... Du fait de la tournée, du premier album et de l'expérience, le style du deuxième album est plus abouti.

- Dans vos disques vous donnez toute son importance à la voix. Il y a une véritable émotion qui passe à travers elle. Vous sentez-vous plus chanteur que musicien ?

ANNA : Ce n'est pas intentionnel mais tout a une importance dans une chanson. Il faut qu'il y ait une union des paroles, des voix et de la musique. D'une manière générale, je crois que la voix doit porter la musique.

- Vous avez été les invités de la tournée de Jean-Jacques Goldman "Veiller tard en juillet". Que pensez-vous de vos deux styles de musique ? Ils sont à l'opposé ou pas si éloignés que ça ?

ANNA : C'est vrai que beaucoup de gens se sont demandés pourquoi nous tournions avec Jean-Jacques Goldman. La réponse c'est que nos musiques ne sont pas incompatibles. En plus, Jean-Jacques est quelqu'un de très sensible et de très sincère.

PETER : Nous ne connaissions pas vraiment le public de Jean-Jacques alors les deux premiers soirs ce fut un peu difficile parce que les gens étaient venus pour le voir. Après, on a pris l'habitude et ce fut un plaisir de jouer. Jean-Jacques a tout fait pour nous faciliter les choses. Il est vraiment très bien, très généreux.

- La pochette de votre 30 cm est à la fois très belle, très soignée et un peu mystérieuse...

ANNA : Je suis ravie que tu me dises ça parce que c'était important pour nous de la réussir. Nous avons travaillé avec un bureau artistique. Ils nous ont présenté trois projets, nous avons craqué sur un. Le photographe m'avait été conseillé par une amie et c'est celui qui a vraiment réussi à capter ce que l'on désirait, tout le côté flou, mystérieux de nos deux personnages. Il était important aussi de faire comprendre que Cock Robin, c'était deux individus, deux identités.

- La beauté de "l'emballage" était plus une envie personnelle qu'un acte de marketing.

ANNA : Oui, nous nous voulons être en dehors de ça. Pour certains artistes le marketing est important. Nous, ce qui nous importe, c'est de durer et d'apparaître comme nous sommes vraiment.

- La promotion, les avions, les hôtels, les galas, ce n'est pas ce qui aide le plus à composer et à écrire ?

ANNA : C'est vrai que l'on ne s'attend pas à tout le travail qu'il faut faire à côté de ce qui est purement musical. Les allers-retours, ça bouffe un peu !

- Dans le tourbillon du show-biz, n'a-t-on pas tendance à s'oublier un peu ?

Oui, c'est vrai. L'année dernière nous avons eu des moments difficiles où nous étions très tendus. La pression extérieure t'affecte sans que tu t'en rendes vraiment compte, et puis parfois plus tard, tu craques. Pour cet album, nous avons fait très attention à ne pas trop agir vis-à-vis de l'extérieur. Nous avons tout fait pour nous retrouver et être vraiment nous-mêmes.

- Toi en tant que musicien, le mouvement te donne de l'énergie ?

PETER : Je ne sais pas, ce qui se passe au fil des disques c'est que tu changes, que tu évolues et que tu fais des choix musicaux. Pour moi, le succès n'a rien d'essentiel. Ce qui est important c'est de ne pas se répéter, de ne pas se faire bouffer par la foule. Moi, ce que je veux, c'est arriver à un son Cock Robin, sans pour autant comparer chaque album à chaque fois. Il faut parvenir à être différent tout en gardant son style. Ce qui est dommage dans ce métier c'est que les gens veulent tout savoir sur ta vie. Ils jugent et pas uniquement la musique. Au bout du compte, ils n'achètent plus de la musique mais du rêve !