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Cock Robin : une nouvelle tournée

Graffiti les avait rencontrés au mois de juin, pour la sortie de leur nouvel album "After here through Midland". Aujourd'hui, Anna et Peter sont de retour à Paris pour préparer la tournée qui les conduira à travers la France, leur second home. Alors, pour faire à nouveau connaissance, clap magnéto.

- Vous avez pris quelques vacances cet été ?

Anna : Je ne m'en souviens pas... On a pris des vacances Peter ? (sourire)

Peter : Pas vraiment...

Anna : Juste quelques jours. Je suis partie au Mexique : Mexico, Vera Cruz... J'ai roulé ma bosse à l'intérieur des terres. Ce fut vraiment super. 

- Tu connaissais déjà ?

Anna : Non. C'était la première fois. Mais le plus drôle, c'est une rencontre avec un jeune couple français. En pleine jungle, dans une sorte d'hôtel où il n'y avait que trois personnes. Nous étions là, perdus, et eux me regardaient bizarrement comme si j'étais un objet local... aussi curieux que tout ce qui pouvait les entourer...

- Et toi Peter ?

Peter : Oh moi, je suis resté à Los Angeles, pour écrire de nouvelles chansons...

- Déjà ?

Peter : Oui, je pense que c'est une bonne idée de commencer tôt, parce qu'écrire, ce n'est ni facile, ni évident pour moi, comme pour n'importe qui j'imagine. J'ai surtout travaillé au piano. C'est ce que je préfère. De nouveaux titres que nous chanterons peut-être lors de la tournée.

- Vous aviez envie de revenir ?

Peter : Et comment ! Car la première fut vraiment formidable. En juin déjà, nous savions que nous reviendrions... Mais nous ne savions pas avec qui.

Anna : Il y a eu des changements rapides...

- C'est-à-dire ? 

Peter : Tous les musiciens, à l'exception de Ricky (aux claviers), sont différents. Nous les avons auditionnés en Californie. Un nouveau guitariste, de Memphis (Tennessee), Steve, un nouveau batteur, David Solinas et un cubain aux percussions, Mickito Sanchez.

Anna : Tu sais, Tim et Dany, qui nous accompagnaient la dernière fois n'ont pas pu venir... Ils avaient d'autres projets.

- Mais ces nouveaux musiciens, vous les connaissiez déjà ?

Anna : Non, pas vraiment... Ce fut, comment dire... le bouche à oreille.

Peter : En tout cas, je suis agréablement surpris, parce qu'ils se sont rapidement intégrés... très rapidement, c'est incroyable. Ce sont d'excellents musiciens !

- Vous répétez votre nouvelle tournée à Paris... pourquoi ?

Anna : Oh, parce que à Paris, nous sommes maintenant chez nous. C'est notre second home.

Peter : Tu sais, ce ne sont pas vraiment des répétitions ! On se bat d'ailleurs pour en avoir quelques unes. En définitive, les véritables répétitions seront nos premiers shows... car depuis que nous sommes à Paris, nous faisons de la promotion : des interviews, des séances photos, des télés...

- Et ça vous embête ?

Peter : Plutôt, oui ! Trop, c'est trop... Nous, on aurait plutôt envie de jouer parce que jouer, c'est primordial. Enregistrer en studio, vois-tu, c'est rien. Mais ne pas jouer devant un public, c'est souvent angoissant...

- Après l'Olympia, le Zénith... vous êtes contents ?

Anna : Eh bien, l'Olympia n'était pas libre... On aurait préféré une salle plus petite. Enfin... Tu sais, je suis allée voir Talk-Talk au Zénith et j'ai adoré. Au Zénith aussi tu peux recréer une bonne ambiance.

Peter : Et puis, nous sommes quand même confiants. Avec le public français, c'est un peu comme une histoire d'amour. Il y a une certaine connivence entre nous ! C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous repasserons par Paris... A l'Elysée Montmartre. Une très bonne salle, un son parfait... J'y ai vu Musker Dü. Vraiment formidable.

- Vous allez souvent au concert ?

Anna : Oui, on adore ça. Même si nous sommes aujourd'hui moins libres de nos mouvements.

Peter : On a pu ainsi voir les Psychedelic-Furs, Concrete-Blonde, David Bowie...

- Et comment as-tu trouvé son dernier show ?

Peter : Un bon show... Un peu trop extravagant peut-être, un peu trop confus... Trop de monde sur scène. Je pense que c'est ce qui l'a perdu. Vraiment dommage.

Anna : Tu n'as pas vu Prince ?

Peter : Non, malheureusement...

Anna : J'ai vu son show en Allemagne... Complètement extravagant... Beaucoup de monde aussi. Complètement fou ! Mais à I'inverse de Bowie, il y avait une grande unité. Et Sheila E... Elle est magnifique. Pour moi, ce fut vraiment le show de l'année. Et aux Etats-Unis, il a fait un malheur !

- Vous en êtes où, vous, là-bas ?

Anna : Oh, les gens commencent à nous connaître. Ils savent ce qui se passe en Europe, et notre dernier album a eu de bonnes critiques...

Peter : La musique est une énigme, un mystère... Il est souvent plus facile de "réussir" à l'étranger, parce qu'alors tu intrigues ! Prends l'exemple de certains artistes français... Eux aussi ont du mal à percer dans leur propre pays...

Anna : Ce n'est pas toujours évident... Enfin, nous y jouerons probablement aussi.

Peter : Mais quand ?... Tu sais, il y a encore quelques problèmes avec la maison de disques américaine... Quelques incompréhensions ! Elle veut... mais nous ne sommes pas Madonna ! Et nous resterons Cock Robin ! Elle finira bien par le comprendre.

A ce moment-là, Rose-Hélène (l'attachée de presse de chez CBS) me fait signe... Il est l'heure ! "Juste une dernière question alors"...

- Vous avez gagné pas mal d'argent... 

Anna : Je vis toujours avec l'idée que je n'en ai pas. Bien sûr, la vie est meilleure, et je peux m'acheter les robes que je désire !

- Et toi Peter ?

Peter : Oh, je ne sais pas...

Anna : Oh, le menteur ! (sourire)... Il s'habille beaucoup mieux aujourd'hui. Je ne lui ai jamais vu autant de vêtements.

Peter : Peut-être... Et je vais aussi au restaurant tous les soirs... On ne vit qu'une fois, non ?