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Allo Cock Robin

Découvert en France avec "When your heart is weak" puis "The promise you made", le groupe de Peter Kingsbery et Anna Lacazio a par la suite conquis le reste de l'Europe, le meilleur public de ce groupe du sud des Etats-Unis. Ils sont de retour sur le devant de la scène avec leur nouveau 45 tours "El Norte", un titre qui laisse cette fois plus de place à la chanteuse. Il se trouve justement que le jour de l'interview, Peter était malade et c'est Anna qui répondit à toutes nos questions.

- Quand et comment fut créé le groupe ?

Le groupe a été créé en 1983... Non, en fait c'était en 1982 ! Pfiouh, déjà, il s'est passé tellement de choses depuis, j'ai l'impression que c'était hier. Bref, Peter et moi avons fondé le groupe, puis nous avons trouvé un guitariste, et un batteur, et en 1983 nous avons sorti notre premier album.

- Maintenant une question que l'on doit vous poser souvent, pour quelle raison avez-vous choisi ce nom, Cock Robin ?

Sans problème, par ailleurs en six ans j'ai eu le temps de connaître parfaitement la réponse (rires). A l'époque de notre formation nous avions une chanson très sentimentale, un petit poème musical parlant d'une romance entre deux rouge-gorges (cock robins), son titre reprenait le nom Cock Robin et comme son ambiance correspondait parfaitement à notre sensibilité commune, le nom s'est imposé de cette façon-là. C'est une histoire vécue et un mariage musical.

- Est-ce seulement musical vraiment ?

Seulement musical ! Oui, seulement musical... Je crois que s'il en était autrement, ce serait le meilleur moyen pour nous de nous entretuer (rires).

- Tu penses qu'il est difficile d'être un couple en musique. Il existe pourtant de nombreux couples dans le monde de la musique...

Oui, je crois que c'est très difficile, il faut faire beaucoup de compromis, ça peut être formidable comme cela peut ruiner une carrière et un ménage à la fois. Il ya beaucoup de formations qui, même sans avoir encore enregistré, se séparent à cause d'une relation sentimentale. C'est une des principales raisons de rupture dans les groupes. Ça m'est déjà arrivé, ce fut un désastre. Nous passons déjà plus de temps ensemble, Peter et moi, qu'avec nos amis respectif... alors en passer encore davantage, ce serait de la folie.

- Est-ce qu'il n'y a pas une influence profondément ancrée, hispanique mais indéfinissable dans Cock Robin qui expliquerait que vous ne rencontrez pas aux Etats-Unis le même enthousiasme qu'en Europe ?

Je crois en effet que nous souffrons là-bas d'un problème d'identification. Le public américain aime bien classer les artistes dans des catégories, et en raison de nos très nombreuses influences, et sans doute également latines, nous ne rencontrons pas un accueil en rapport avec les très bonnes critiques que nous avons. Je ne saurais pas l'expliquer... 

- Pourriez-vous faire un compromis et placer sur un album des chansons au genre très défini pour capter un public ?

Non, certainement pas. Nous ne faisons pas notre musique pour un public particulier, nous créons nos chansons avant tout pour nous-mêmes, et notre musique trouve son public.

- Toi-même, tu sembles avoir des racines latines...

Italiennes ! Italiennes par mon père et chinoises par ma mère, et au bout du compte, j'ai l'air d'une mexicaine ! (rires). D'ailleurs je suis passionnée de culture mexicaine. Ma première visite à Mexico fut pour moi un grand choc. Je suis fascinée par l'histoire du Mexique, du mélange de ses deux cultures, indienne et espagnole... A Los Angeles où je vis, je me suis très souvent rendue dans les endroits où la culture mexicaine est représentée, mais les quartiers hispaniques en eux-mêmes sont plutôt dangereux à fréquenter (rires). Ce qui est aussi intéressant à Los Angeles, c'est la vie culturelle chinoise, très vivante également.

- As-tu I'occasion de visiter l'Europe ?

Parfois nous avons le temps de rester pour visiter, parfois non. Peter a passé un mois à Paris dernièrement. J'aimerais bien y revenir exclusivement en touriste un jour prochain.

- Quel est ton rôle dans la création de vos chansons ?

C'est Peter qui écrit textes et musiques. Je commence à m'y mettre mais je ne sais pas si ce que je fais pourrait s'insérer dans le concept d'un album de Cock Robin. Peter est très prolifique et sait très bien construire un album à partir d'une mélodie, ce que j'admire.

- Comment se passe ta vie à Los Angeles ?

Je suis si souvent en Europe pour la promotion de nos disques et pour nos tournées que lorsque je suis de retour à Los Angeles, j'essaye de rattraper tout le retard. Tout change si vite. Moins vite qu'à Londres, mais tout de même. Alors je vais à tous les concerts, je me tiens informée... Et puis j'en profite pour développer mes propres projets. J'aimerais bien faire une carrière solo, à côté de Cock Robin. Le groupe reste la base de tout mais j'ai envie d'explorer de nouvelles voies, envie de m'épanouir par moi-même. Peter s'exprime totalement par le groupe, mais pour moi il est temps d'agir afin de recueillir une reconnaissance pour moi-même.

- Et en prenant une plus grande part dans Cock Robin ?

J'y ai longtemps réfléchi, car j'ai beaucoup investi dans le groupe et je me suis parfois sentie frustrée quand on ne m'entendait presque pas dans les chansons choisies pour les nouveaux 45 tours. Alors je veux m'exprimer totalement aujourd'hui, mais sans remettre en question Cock Robin. Je veux tout. Et après tout, pourquoi pas ?

- Et l'avenir immédiat du groupe à ton avis ?

Nous venons de terminer notre tournée européenne et nous allons enregistrer notre prochain album à Los Angeles avec un nouveau producteur. Un nouveau challenge que nous espérons bien tenir, bien sûr !