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"S'il n'en reste qu'un... qui sera celui-là ?"

Pour l'instant, il en reste deux, Peter et Anna. Les deux derniers éléments unis du célèbre groupe américain viennent de réaliser un deuxième album "After Here Through Midland". Une belle réussite, plus complète et plus entraînante que le premier album. Nous sommes allés les interviewer. Saviez-vous que... ?

Parmi les nombreux groupes pop qui sont sortis dans la vague de renouveau du rock, en 1986, Cock Robin est l'un de ceux qui se sont imposés le plus rapidement. Avec l'album qui portait le nom du groupe et les deux 45 tours "When Your Heart ls Weak" et "The Promise You Made", le quartet américain a rapidement atteint les premières places des hits-parades internationaux. 

C'est en Europe qu'il a obtenu son plus grand succès, ce qui n'a rien d'étonnant, puisque les quatre membres de Cock Robin (Peter Kingsbery, Anna LaCazio, Clive Wright et Lou Molino) ont été découverts sur le Vieux Continent, et plus précisément en France. Don Gehman, le producteur de R.E.M., les a contactés à la suite du spectacle qu'ils avaient donné à l'Olympia de Paris. 

Un nouvel album vient de voir le jour : "After Here Through Midland". Il contient -entre autres- un 45 tours ("Just Around The Corner"), grâce auquel il semble tout à fait capable de recueillir le même succès que le disque précédent. Les choses ont pourtant bien changé depuis le démarrage du groupe. Cock Robin a perdu deux de ses membres. Il ne reste donc que deux survivants du quartet de départ : Peter Kingsbery et Anna LaCazio, que nous avons interviewés pour vous.

FOTO MUSIC - Même si la sortie de "After Here Through Midland" remonte déjà à quelques semaines, nos lecteurs voudraient savoir quelle a été votre démarche pour réaliser cet album. 

PK : C'est très simple : ce disque est le résultat de l'expérience que nous avons acquise au cours de notre dernière tournée. En voyageant, nous avons compris beaucoup de choses, et notamment ce que nous sommes capables de faire et vers quelle direction nous orienter. 

FM : Peter, tu es né dans le sud des Etats-Unis. Du point de vue musical, penses-tu que l'on puisse dire que tu as été influencé par des artistes typiquement sudistes, comme les Allman Brothers Band ou ZZ Top ?

PK : Je ne crois pas que mes origines m'aient beaucoup influencé, notamment dans mes choix musicaux. J'ai toujours écouté un peu de tout : Johnny Winter, Procol Harum, les Beatles, Dylan. Toutefois, mon modèle pour la composition est Joni Mitchell. 

FM : Quel est votre rapport avec la musique ? 

PK : C'est un rapport passionnel. Je dirais même que la passion est justement le sentiment que nous souhaitons transmettre à ceux qui nous écoutent. Nous pensons que ce qui fait qu'un morceau devient inoubliable, c'est sa capacité à établir un rapport privilégié avec chacun des membres du public, et non un rapport avec une masse anonyme. C'est au groupe que revient la tâche d'isoler ce qui caractérise le rapport individuel, pour l'amplifier et le traduire à grande échelle. 

ALC : Ma démarche est différente. Personnellement, je ne suis qu'une interprète et la seule chose que je puisse transmettre au public c'est l'envie de chanter. 

FM : Vous avez réalisé un clip pour chacun de vos 45 Tours. Que pensez-vous de ce moyen promotionnel ?

ALC : Il correspond uniquement à une exigence du marché. Les clips sont un peu comme les films que l'on tourne d'après les romans. Je ne crois pas que les images puissent rendre correctement la signification des mots.

FM : Quels sont les groupes que vous préférez ? Et quels sont ceux qui vous ont le plus influencé dans votre travail ?

ALC : Nos groupes préférés sont les OMD et les Pretenders. Je pense qu'ils ont, d'une certaine manière, influencé notre musique, dans la mesure où elle est sonore et incisive, comme la leur. C'est pour nous la règle d'or pour jouer un rock'n roll sain.

FM : Malgré le fait que votre musique soit plutôt "radiophonique", êtes-vous satisfaits d'avoir également beaucoup de succès dans les discothèques ? 

PK : Je ne crois pas que notre musique soit "radiophonique" à ce point ! Si elle l'est, c'est un hasard. Peut-être que cela nous permettra-t-il de gagner encore plus d'argent (éclat de rire).

UNE HISTOIRE DE MUSIQUE (ET D'AMOUR)

Cock Robin, c'est aujourd'hui Peter Kingsbery et Anna La Cazio. Peter est né en Arizona, mais il a grandi au Texas. Après avoir étudié le piano, il a travaillé dans diverses formations. Il s'est consacré par la suite à la composition et a obtenu une certaine notoriété en tant qu'auteur, grâce au succès de l'un de ses morceaux, "Pilot Error", interprété par Stéphanie Mills.

Anna, originaire de l'état de Californie est la fille d'un italien et d'une chinoise. Il semble qu'elle n'ait pas eu une enfance très facile, en raisons des discriminations continuelles auquelles ses parents étaient confrontés. Elle est montée sur scène dés l'âge de quinze ans, aussitôt après sa rencontre avec Peter, son futur collègue de travail et (pendant quelques années) son compagnon dans la vie privée.

FOTO MUSIC DE SEPTEMBRE 1987