Cock Robin a séduit la France : l'histoire d'amour est réciproque. Peter Kingsbery, le cowboy à la voix chaude, sourit en se rappelant l'Olympia récent, bondé et enthousiaste, puis rejoint sa complice, la belle Anna LaCazio, en robe noire à fronces, style espagnol. Clive Wright, l'anglais aux boucles blondes empoigne sa guitare. "If I laid down my love to come to your defense..." chante Peter. A ses côtés, Anna danse et se balance doucement au rythme de la musique, découvrant ses jambes avec un exotisme craquant et quand elle se met à chanter en duo avec Peter, c'est de la magie !

Flash : Quelle impression cela vous fait-il d'avoir fait un tube ?

Peter : C'est merveilleux. Faire de la scène en France a été une expérience extraordinaire pour nous. Le public prend nos chansons très au sérieux. Il y en a même qui ont appris les paroles et chantent avec nous. C'est au-delà de nos espérances ! L'émotion que nous renvoit ce public nous a beaucoup touchés, nous faisant oublier la routine.

Flash : Que pensez-vous des français ?

Anna : C'est un public chaleureux. Et pourtant très rigoureux au point de vue travail. Si le spectacle n'est pas parfait, ils nous le font sentir. Cela nous a étonnés.

Peter : Des marseillais nous ont même invités à déjeuner chez eux. Ils m'avaient reconnu dans la rue. C'était fort sympathique.

Flash : Vous avez réussi à toucher les français. Savez-vous pourquoi ?

Anna : C'est très vrai. Je crois que les français s'attachent plus aux membres du groupe quà la musique. Aussi, nos textes sont très intimistes. Ils apprécient Peter. Pour eux, il représente l'ouest américain, et il est un poète. Les français sont de grands amateurs d'art (et de choses distinguées !).

Flash : Peter, peux-tu expliquer le sens de "The promise you made" ?

Peter : Je l'ai écrit pour une amie. Je voulais dire que nous sommes seuls sur la terre. Il ne faut pas attendre à ce qu'un autre s'occupe de toi. Il faut se débrouiller tout seul. C'est une chanson triste parce qu'on ne devrait pas être obligé de rappeler une telle évidence. Je pense que c'est très dur de trouver l'âme soeur dans la vie. Moi, je n'y suis pas encore parvenu.

Flash : Peux-tu décrire Anna ?

Anna : Je m'en vais... Comme ça tu pourras te défouler !

Peter : (réfléchit) Instinctive, passionnée, coléreuse. Elle est moitié italienne, moitié chinoise, et parfois c'est un cocktail explosif. Elle me semble très mûre et très naïve aussi, comme un enfant, c'est un mélange. Je la connais depuis dix ans. Elle m'étonne encore. Au sein du groupe, c'est ma contre-partie. Elle pétille, et moi, je reste sérieux. Je suis un homme du désert. J'y suis né, à Phoenix, dans l'Arizona.

Flash : Le clip de "When your heart is weak" a été tourné dans le désert. Que signifie le désert pour vous ?

Peter : C'est très important pour nous tous. Anna, aussi, est devenue un rat du désert. C'est Clive qui l'a branchée.

Anna : C'est un endroit spécial. La solitude t'aide à entrer en contact avec toi-même. Le désert m'est devenu très familier.

Flash : Quels sont vos projets ?

Anna : Deux semaines de vacances. Youpi !

Peter : On rentre en ville.

Flash : En ville ?

Anna : C'est une expression "cowboy". Il veut dire à Los Angeles.

Peter : Mais nous revenons bientôt en France, car nous allons faire une tournée dans le Midi avec Jean-Jacques Goldman. Il y aura une dizaine de concerts à partir du 17 juillet.

Flash : Deux mots sur votre prochain album.

Anna : ATTENTION !

Peter : Elle a demandé deux mots, pas un ! Le son sera grand. Il y aura beaucoup de belles chansons.

Anna : C'est Don Gehman qui va le produire. Il a travaillé avec les Bee Gees, John Cougar-Mellancamp et REM.

Peter : Après l'enregistrement de l'album, nous allons faire une tournée américaine. Mais nous reviendrons de temps à autre en France. La France est presque devenue un deuxième chez-nous !