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Rencontre avec Peter Kingsbery et Anna Lacazio

Lundi 2 juin, 21 heures. L'Olympia en plein délire... Un concert exceptionnel pour un groupe tout aussi exceptionnel : COCK ROBIN. Quelques jours plus tard, l'équipe de Cool s'est aventurée, pour vous, sur les plateaux de TV6.

Cool : Cock Robin... Une rencontre explosive et talentueuse. Comment cela s'est-il passé ?

Anna : Nous nous connaissons avec Peter depuis bientôt 8 ans, chacun de nous faisait de la musique dans son coin. Nous avions cependant les mêmes idées, la même volonté, nous ressentions les mêmes sentiments. Aussi, il y a 4 ans, nous avons décidé de nous associer et de créer Cock Robin, dont le nom provient d'une comptine du 17ème siècle : "le mariage de Cock Robin et de Jenny Wren". Ce fut un travail de longue haleine, dont nous sommes aujourd'hui récompensés.

Cool : 2 titres tirés de l'album : "When your heart is weak" et "The promise you made" ont rapidement gagné le Top 10. L'Olympia, un concert sensationnel... Une tournée avec Jean-Jacques Goldman, cet été. Comment vivez-vous le succès ?

Peter : Ce fut une surprise... Une agréable surprise. Pour ma part, je ne pense pas avoir changé, je suis toujours le même. Le succès a pourtant transformé, modifié ma vie, désormais j'ai beaucoup moins de temps libre... Si le temps accordé à la musique est tout aussi important, l'enregistrement de l'album, sa promotion, l'organisation d'une tournée, les répétitions prennent une part considérable dans mon emploi du temps. C'est un côté auquel on ne pense pas vraiment et que l'on oublie trop facilement.

Anna : Je pense que chacun vit son propre succès, à sa manière. Qu'est-ce que le succès en effet ? Une notion plutôt floue. Personnellement, je suis ravie de ce succès européen, ravie que nous soyons reconnus comme groupe de rock'n roll. Et j'aurais plutôt envie d'envoyer les USA au diable...

Cool : Un 1er album étonnant, d'une qualité rare. L'image d'un groupe romantique, privilégiant dans ses propos les rapports humains. Un engagement personnel ?

Peter : Nous travaillons minutieusement, de manière approfondie chaque titre. Ce que nous désirions avec l'album, c'était éveiller un sentiment, ce sentiment qui va "déranger" et donc faire réfléchir. Un engagement personnel ? Oui et non. En fait, nous parlons de sentiments universels : amour, haine, misère... C'est pourquoi tout le monde se retrouve dans nos chansons.

Anna : Je pense que quel que soit le message qu'une chanson propose ou véhicule, quelle que soit l'image qu'elle crée, l'artiste seul s'exprime, il s'agit donc effectivement d'un engagement qui lui est propre. Pourtant, dés qu'il s'agit de notions universelles, je crois que cet engagement n'est plus strictement personnel. Il exprime au contraire des idées, des sentiments individuels et collectifs, qui font de l'artiste l'écho d'une pensée "universelle".

Cool : Vous travaillez actuellement sur un second album. Y retrouve-t-on cette approche, ces notions universelles ou sera-t-il caractéristique d'un style Cock Robin ?

Peter : Le second album est beaucoup plus personnel. Qu'il corresponde à un style Cock Robin, je ne sais pas... Enfin, personne ne peut prévoir l'avenir. Cet album sera plus "aventureux". Il est parfois impossible de faire figurer certains titres sur un 1er album. Aujourd'hui, le groupe est beaucoup plus soudé, plus confiant, plus sûr de lui pour faire un pas en avant.

Cool : Un album plus "aventureux"... Dans quel sens ?

Peter : Lorsque je dis aventureux, je veux dire différent. Différent par la musique, par les chansons. Il n'y a pas réellement de prise de position. Nous exprimons simplement ce que nous ressentons, ce qui nous touche de près. Il faut dire aussi que cet album est un peu dédié au public qui nous a encouragés.

Cool : Au niveau du groupe, comment travaillez-vous ? Chacun a-t-il une place spécifique, particulière ?

Anna : Non, personne n'a réellement de rôle spécifique. Nous travaillons en commun, chacun apportant sa propre contribution. Je trouve particulièrement bien adaptée la devise : "Tous pour un, un pour tous". Au début, ce n'est pas toujours facile, chacun cherchant à imposer son idée, son opinion, son avis. C'est une expérience enrichissante, car elle t'oblige à une certaine discipline.

Cool : Le batteur du groupe, Lou, vous a fait faux bond peu de temps avant votre tournée européenne. Quelle a été votre réaction ?

Anna : Cela m'a rendue furieuse. Rien que d'y penser et d'en parler... Tu sais, nous avions passé beaucoup de temps à préparer cette tournée. Nous ne nous quittions pratiquement plus. Et puis, 4 à 5 jours avant notre départ, par peur du terrorisme, Lou a décidé de ne pas venir. Cela n'avait aucun sens, car il savait les autres membres du groupe décidés à partir. Mais il pensait que nous avions tort...

Peter : Sans commentaire !

Cool : Une incidence particulière sur la suite de votre association ?

Anna : Peut-être... Qui sait ? D'autant plus que tout se passe bien avec le batteur de la tournée.

Peter : Ce n'est pas évident de pouvoir reprendre ensuite ensemble. Nous avons beaucoup mûri durant cette tournée, c'est une expérience que tu ne peux transmettre. Tu sais, il est parfois difficile de revenir en arrière.

Cool : Un souvenir marquant de cette tournée ?

Peter : Oui. C'était lors du 1er concert de la tournée, une famille espagnole nous a reconnus dans les rues de Madrid et nous a invités à déjeuner. C'était très sincère et très émouvant. Cela nous a profondément touchés.

Anna : Personnellement, je remercie le public européen qui nous a donné notre chance et j'espère que nous ne les décevront pas par la suite.