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Cock Robin : des idées, des mélodies
et un zeste de chance

Leur premier album continue à avoir un succès fou et les 45 tours se multiplient comme des petits pains. Quel est le secret des Cock Robin ? En attendant leur prochain LP, nous avons fait le point avec les deux leaders du groupe, Peter et Anna.

La production musicale des Cock Robin continue à faire un malheur : leur album a enregistré l'un des plus fracassants records de vente et d'écoute de l'année 86. Le nom doux et romantique des Cock Robin se marie merveilleusement à leur musique tendre et évocatrice, une musique qui fait rêver les jeunes aussi bien sur le vieux que sur le nouveau continent...

Leur histoire a commencé il y a quatre ans, en Amérique, mais leur musique est plutôt d'inspiration anglaise et leur succès assez récent. "Lorsque nous avons débuté, se souviennent les deux chanteurs du groupe, Peter Kingsbery et Anna LaCazio, la presse nous a complètement démolis. Par la suite, nous avons travaillé avec des artistes comme Bryan Adams, les Kinks, Billy Idol. Les spécialistes nous ont encensés, la presse a changé d'avis et le public a commencé à nous suivre... Les Etats-Unis sont immenses et complexes. Il est difficile d'y percer. 

En Europe, le succès est arrivé d'une façon très inattendue et nous en avons été les premiers étonnés. Un jour, en feuilletant "Billboards", nous avons constaté que nous étions dans les hit-parades de plusieurs pays : la France, l'Italie, la Hollande, l'Allemagne, la Scandinavie. 

En Angleterre, notre percée a été plus lente : c'est un marché où même les groupes locaux, déjà connus à l'étranger, ont du mal à se faire une place au soleil. Normal donc que les groupes étrangers ne passent pas facilement. 

Je crois que notre succès est essentiellement dû à nos mélodies et à nos deux clips, "When your heart is weak" et "The promise you made". La presse européenne nous a beaucoup aidés : en Europe, notre image n'a pas été interprétée à tort et à travers, comme elle l'a été aux Etats-Unis, où les médias nous ont traités de groupe mielleux."

Il est vrai qu'il n'est pas facile de définir le style des Cock Robin ; leur musique est une étonnante synthèse anglo-américaine qui reflète leur credo artistique et leurs goûts musicaux. "Nous ne voulons pas être prisonniers d'une image ou d'une étiquette, soulignent les deux artistes, nous cherchons de nouvelles solutions, en exploitant au maximum les caractéristiques de chaque membre du groupe. Nous ne ressemblons à aucun groupe américain et personne en Grande Bretagne ne fait le même type de musique".

Le problème est désormais de renouveler le succès du premier album. Le groupe a l'intention de sortir prochainement un nouveau LP : "Nous préférons ne pas faire de prévisions. Certes, nous aurons du mal à garder le même niveau, il y a trop de concurrence. Mais nous avons trouvé le bon filon. Ces derniers temps, nous avons constaté un retour du public à la mélodie. Les auditeurs ont subi une véritable indigestion de rythmes saccadés et de musique électronique... Avec des idées et un peu de chance, l'avenir est à nous".

Il convient à ce propos de souligner que l'âge moyen du groupe est de trente ans environ, ce qui laisse supposer que leur public n'est pas celui des Duran Duran. "Notre succès a été général, notre public n'a pas d'âge, affirment néanmoins les Cock Robin. Certes, nous nous sentons plus proches des adultes que des adolescents, mais nous vendons plus de disques aux jeunes. Tout le monde sait que les adultes n'achètent plus beaucoup de disques".

Joseph Matelot