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Jean-Jacques Goldman / Cock Robin :
la France et l'Amérique au même diapason

"Veiller tard en juillet", telle était la proposition lancée à ses fans par Jean-Jacques Goldman. Une dizaine de rendez-vous nocturnes, superbes et magiques. D'autant que JJG avait eu la riche idée d'y convier Cock Robin, le groupe américain du moment. Une affiche en béton !

Mercredi 23 juillet, 14 heures, Béziers

La maison de disques nous avait laissé des instructions très précises : "Vous avez rendez-vous de 14 à 16 heures à l'hôtel Imperator avec Cock Robin. Pas une minute de plus ne vous sera accordée car leur planning est chargé". Alors, précis, le photographe et moi-même nous apprêtons à travailler vite (et bien ?) quand, face à nous, on voit des bras s'agiter à une fenêtre et des "Hou ! Hou !" fuser d'un restaurant. C'est Anna la chanteuse, qui sourire aux lèvres nous fait signe de la rejoindre. Tous, accompagnés de Michael, leur attaché de presse américain, sont en train de déjeuner. On se fait des bisous, on se dit qu'on est contents de se revoir et je fouille vite vite dans ma mémoire pour retrouver au mieux mon vocabulaire anglais. Heureusement Michael Bryn (note perso : arggggh !!! Bryn Mathieu !) le nouveau batteur qui a remplacé Lou resté aux USA par peur des attentats, a vécu cinq ans à Aix-en-Provence et maîtrise donc parfaitement notre langue.

Ca aide ! On fait un petit point sur la situation et, unanimement, tous s'avouent enchantés de cette tournée : "Jean-Jacques est vraiment quelqu'un de formidable, disent-ils. On est devenus de grands copains". C'est Peter qui, le premier, avait fait la connaissance de Jean-Jacques il y a plusieurs mois sur un plateau de télévision. Puis ils se sont croisés souvent devant d'autres caméras.

Et à la fin de sa tournée d'hiver, Jean-Jacques leur a téléphoné et proposé ces dates estivales. "Non seulement on a pas hésité une seconde, raconte Peter, mais on était drôlement flattés. Nous étions allés le voir au Zénith et on savait quel grand artiste il était". "C'est fantastique, ajoute Anna, d'autant qu'on a le même style de public". Le plaisir de chanter dans de telles conditions leur fait oublier la fatigue qu'ils ont accumulée depuis leur arrivée en Europe en mai dernier.

"Mais, reconnaît Clive, le guitariste, on ne sera pas non plus mécontents de rentrer à Los Angeles. Passer notre vie dans un autocar, une valise à la main, c'est tout de même crevant. Et puis, il nous faut retrouver le calme d'un studio pour préparer notre prochain disque. Même si on a deux titres dans le Top 50, il n'est pas question de s'endormir sur nos lauriers". On boit encore un verre (Anna goûte et apprécie les vins blancs français), on fait quelques photos dans le jardin de l'hôtel et on file tous aux arènes où la répétition va débuter. 

Mercredi 23 juillet, 18 heures, Béziers

Jean-Jacques arrive, suivi de tous ses musiciens et de Bernard Schmitt, celui qui réalise toutes ses vidéos, son copain de toujours. Il descend à peine du petit avion à hélice dans lequel il a décidé de voyager de ville en ville. Biarritz (la précédente étape), Béziers, une heure de vol c'est cool. Il serre la main de Robert, son frère, qui s'occupe du fan-club, embrasse Anna, fait un clin d'oeil à Peter et grimpe sur scène répéter tandis que la chaleur tombe et laisse la place à une lumière dorée. Juste avant d'entrer en scène, il ira prendre une douche et enfiler une chemise blanche. Car si le spectacle a été remodelé par rapport à celui de cet hiver, côté tenue vestimentaire, Jean-Jacques n'a rien changé.

Mercredi 23 juillet, 20 heures 45, Béziers

Tandis que Cock Robin attaque son premier morceau, Jean-Jacques, affublé de lunettes et d'une casquette, se faufile sur scène pour les apprécier. Tous les soirs, et vous ne le saviez pas, il était là, back stage, attentif et enthousiaste. Le regarder chanter et bouger au rythme de ses copains était un réel plaisir.

Mercredi 23 juillet, 22 heures 15, Béziers

C'est à son tour de déchaîner la foule... Pendant près de deux heures, il enchaîne tube sur tube ayant ajouté à son répertoire "La vie par procuration", titre probable de son prochain 45 tours. Ca swingue, ça bouge et c'est au tour de Cock Robin, dissimulé derrière un énorme ampli, "d'espionner" Goldman.

Jeudi 24 juillet, 1 heure du matin, Béziers

Un petit aéroport en pleine campagne, deux bi-crafts et Jean-Jacques Goldman et sa troupe qui s'y engouffrent. Direction Nîmes. Les moteurs se mettent en marche, une petite main, celle de Jean-Jacques, nous fait des signes et bientôt il n'y a plus que deux petits points rouges qui clignotent dans le ciel noir.

Samedi 26 juillet, 19 heures, Fréjus

Derrière les arènes romaines, on a installé une cantine, des tables, des chaises et tour à tour les 150 personnes, qui travaillent sur cette tournée, défilent devant le barbecue. Jean-Jacques, installé à la même table que les américains, en profite pour discuter, dans un parfait anglais, avec Peter. Afin de montrer à quel point il apprécie Cock Robin, il porte aujourd'hui un T-shirt à leur effigie. C'est la fête ce soir et, en même temps, on sent comme un arrière-goût de nostalgie car c'est, hélas, le dernier concert de la saison. Tandis que la foule se masse déjà sur les gradins, dans un petit coin, guitares à la main, les musiciens répètent "Satisfaction", la célèbre chanson des Rolling Stones. Une surprise que Cock Robin et Jean-Jacques ont décidé d'offrir en direct au public. Autour d'eux gambadent Caroline et Michaël, deux des enfants de Jean-Jacques, venus exceptionnellement le voir sur scène.

Samedi 26 juillet, 23 heures 45, Fréjus

Ils sont tous là, Jean-Jacques, Peter, Michael Jones, Clive, Bryn, Anna dans une superbe robe hyper sexy, Claude, Jean-François... Bref, tous ceux qui se sont éclatés en musique pendant le mois de juillet, tous sur scène à faire un boeuf devant des fans déchaînés et ravis. Il fait bon ce soir à Fréjus, l'air dégage des ondes d'amour et de joie de vivre.

Dimanche 27 juillet, 0 heure 30, Fréjus

Un autocar s'apprête à prendre la route pour Nice : à la fenêtre, une petite main s'agite et nous fait des signes d'adieu. C'est celle de Jean-Jacques, qui, dès demain, sera en vacances en famille. Mais vacances studieuses puisqu'il prépare des chansons pour Johnny Hallyday et, d'ores et déjà, son prochain album. Dans la nuit, deux petits phares rouges s'éloignent à travers des odeurs de merguez et de frites tandis que les roadies rangent dans cinq semi-remorques le matériel impressionnant qui nous a permis, à nous comme à vous, de "veiller tard en juillet".

Véronick Dokan